S

Expressions françaises commençant par la lettre S

SECOUER QUELQU'UN COMME UN PRUNIER: Expression française de la fin du XIX ème siècle signifiant secouer vigoureusement ou rabrouer quelqu'un.

L'allusion au verbe secouer dans le sens de rabrouer dans cette expression française vient du XV ème siècle où secouer signifie rudoyer. Le choix du prunier est attesté au XIX ème siècle et vient de l'emploi du prune au sens figuré qui signifie dans certains dialectes des coups et blessures.

Dans la période comprise entre le XVème et XVI ème siècle, lors de l'utlilisation du moyen français comme langue de base, secouer le prunier apris une valeur érotique.

Cette expression française peut être utilisée dans sa forme pronominale à savoir " se secouer les prunes" pour dire sortir de son inactivité léthargique ou de sa torpeur et se résoudre à vaquer à quelque chose d'important.

De nos jours cette expression française est de plus en plus usitée dans sa forme "secouer ou remuer son derrière"pour dire bouger ou se mettre au travail. Cette allusion au postérieur à faire bouger se retrouve aussi dans le même sens et avec les mêmes mots en Afique du Nord

SOURD COMME UN POT: Expression française qui remonte au XVIII ème siècle signifiant très dur d'oreille ou presque sourd.

Cette expression française ne comporte aucune certitude quant à son origine et il ne peut exister que des "à priori"

Il ya aussi de fortes chances que cette expression française soit une version diminuée de "sourd comme un pot à anses " mais les anses du pot même ressemblantes à des oreilles n'ont pas le pouvoir d'entendre au sens propre du mot.

Quelques auteurs ont tenté d'expliquer cette expression française par le rapprochement avec l'argot où le pot fait allusion au postérieur d'une personne mais cette langue n'a pu expliquer cette expression française dont la date de parution est nettement antérieure.

SOÛL COMME UN POLONAIS: Expression française du XX ème siècle signifiant complétement soûl.

Afin de pouvoir définir les origines de cette expression française, essayons d'abord d'expliquer cette allusion aux polonais.

Au XVIII ème siècle et même au XIX ème siècle sous le règne de Napoléon Bonaparte, les mercenaires polonais étaient employés en grand nombre car nettement appréciés.

Il se peut qu'is soient comme les suisses un siècle auparavant,qui, en dehors des activités militaires s'adonnaint à l'alcool. Une autre explication irait dans le sens que les polonais étaient plus résistants à l'alcool et seraient en forme les lendemain de beuverie, allusion faite aux mercenaires polonais qui sous Napoléon malgré le fait de picoler le soir étaient en parfaite forme à l'heure de l'appel.

Signification : Ne pas pouvoir faire face à une difficulté si minime soit-elle.

Origine : Expression française de la fin du XVIIème siècle qui à l'époque s'employait au conditionnel sous la forme "il se noierait dans un verre d'eau" pour définir un être humain qui manquait tellement de chance pour finir ses jours noyé dans un verre d'eau. A la fin du XVIIIème siècle, cette expression française a pris son sens le plus figuré pour désigner une personne qui se laisserait dépasser par les évènements et se sentirait perdue au moindre changement de situation. La comparaison entre l'acte de se noyer et l'étroitesse du récipient dans cette expression française montre le ridicule de la situation, phénomène plus accentué au XVII ème siècle quand il se disait "se noyer dans un crachat" pour désigner un homme en manque d'habileté.

Sous d'autres cieux : Cette expression française a su traverser les frontières pour se retrouver en Tunisie , telle qu'elle est et sans subir de changement de forme sauf que le verre s'est transformé en flaque pour obtenir le dicton suivant: "yoghrok fi guelta ma" ou "il se noie dans une flaque d'eau"

Exemple d'utilisation : Les autres qui se vident le cendrier sur la tête, qui se psychanalisent les crimes qui se noient dans un verre d'eau (J. Prévert)

 

Signification : s'en laver les mains de quelqu'un ou de quelque chose c'est s'en moquer ou s'en désintéresser.
Origine : Expression française d'origine biblique. Elle renvoie à la crucifixion de Jésus qui selon les évangiles, fut conduit par les juifs auprès de Ponce Pilate, préfet de Rome. On demanda donc au préfet de juger cet homme considéré comme rebelle et ne trouvant aucun chef d'accusation, Ponce Pilate demanda au peuple de prononcer son verdict et de choisir entre Jésus et un meurtrier nommé Barrabas. Le peuple choisit de sauver ce dernier et face à la condamnation de Jésus, Ponce Pilate se lava les mains pour symboliser son innocence face à ce jugement injuste.
Depuis, cette expression française s'utilise pour signifier que l'on se désintéresse de quelque chose.
Exemple d'utilisation : il s'en fout bien sur, plus tard, il sera loin et s'en lavera les mains et moi je serai là toujours avec un bandit sur les os (L.T. Celine)

SE LA COULER DOUCE : expression française du XIX ème siècle qualifiant une personne qui vit sans soucis et partisan du moindre effort.

La notion temporelle du verbe couler remonte au XV ème siècle et donc au moyen français et son emploi à la forme transitive s'est accentué au XVII ème siècle pour évoquer les jours heureux.

Le qualificatif doux, employé avec le verbe couler, donne la même harmonie vocalique que la "dolce vita" italienne. Il est en nette opposition à la vie dure des travailleurs qui triment à longueur de journée.

Cette expression a connu une variante plus vieillie qui est "la couler douce"

Le dialecte tunisien reprend la notion de douceur et la met dans la soie pour qualifier quelqu'un qui se la "coule douce" et le traite de "nayem fel harir" ou il dort dans la soie.

S'EN MOQUER COMME DE COLIN-TAMPON : Expression française qui remonte à la fin du XVI ème siècle et qui signifie s'en moquer complétement.

Colin est un diminutif de Nicolas dans les pays anglo-saxons et désigne généralement une personne niaise.

le tampon vient du verbe "tamponner"qui signifie taper ou cogner et de là est née la batterie de tambours suisses après la célébrè bataille de Marignan, dû sûrement au fait que les tambours font tonner leurs coups au début d'une bataille. D'ailleurs est bien fou ou nigaud celui qui ira taper sur ces tambours content qu'il serait de mourir à coups de canon pendant la guerre. Ceux qui se prêteront à ce jeu seront les colins-tampon.

Comme l'ennemi de surcroit se moque éperdument des roulements de tambour adverses pendant la bataille, il advient qu'il y ait une totale indifférence vis à vis de ces colins-tampon.

Il est à remarquer qu'il existe une autre définition du Colin-tampon qui remonte au XVIIème siècle et qui sert à qualifier " un homme obèse et ridicule".

 

Signification : Faire un bon repas, bien manger

 

Origine : Expression française du XIXème siècle qui se baserait sur la définition du terme cloche dans le dictionnaire argot de l’époque à savoir tête et se taper la tête faisait allusion au bien manger et surtout bien boire jusqu’à l’enivrement. Quant au verbe « taper » de l’époque, il prenait le sens de beaucoup boire.

 

Exemple d’utilisation : Celui-là, c’était un homme, dit-il. Et après un silence il ajouta : Et lui au moins, y se tape la cloche. Qu’est ce qu’il s’envoie comme brutal et comme pitance ! ((J. Genet)

 

Expressions française synonymes : S’en mettre plein la lampe, se remplir la panse, se tasser la cloche

 

S'en aller en eau de boudin : Expression française qui remonte au XVIIème siècle et qui signifie mal tourner ou échouer progressivement.

Le sens propre de cette expression française fait allusion à l'eau de cuisson du boudin qui doit être jetée car inutile. L'allusion peut être faite à l' eau ayant servie à laver le boudin de ses excréments qui est sale et bonne à jeter aux égouts.

Il est à signaler qu'à cette époque le terme "eau" s'emploie aussi pour désigner des excrétions liquides et les mots dont le radical commence par bod ont attrait au ventre.

Une autre explication de l'origine de cette expression française qui compare le boudin au sexe masculin et par delà l'eau de boudin passe de l'état d'urine ou excréments liquides à "lyer son boudin" pour dire se marier.

Une autre expression française plus récente et plus que ressemblante à savoir " tourner en eau de boudin" n'est qu'une substitution de verbe pour dire tourner mal.

SUCRER LES FRAISES : Expression française du début du XXème siècle signifiant "être agité d'un tremblement nerveux", être gâteux.

L'origine remonte au mouvement effectué à l'aide d'un sucrier à trous tenu d'une main pour verser le sucre sur une coupe de fraises saisie de l'autre. Ce geste rappelle les tremblements des membres des personnes âgées.

Une autre source attribuerait les origines de cette expression française aux collerettes des dames âgées de la cour au XVIème et XVIIème siècle qui en tremblant répandaient le sucre sur leur cols au lieu de le verser dans leur tasses mais cette définition ne semble aucunement digne de foi contrairement à la première.

En Tunisie, la même expression est retrouvée mais l'allusion aux personnes âgées est faite par l'intermédiaire de la canne qui tremble quand un vieillard s'y accoude et dans ces contrées, elle s'exprime par l'allocution suivante "yor3och ki el kasba ferrih" ou trembler comme une canne dans le vent; où le vent est pris dans le sens propre du terme, ou pour faire allusion à l’extérieur quand la vieille personne s'aide d'une canne pour sortir et s'y accoude en tremblant comme si le vent la secouait.

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